Audit de sauvegarde : les 7 points à vérifier avant la fin de l’année
Vous avez déjà lu, ici même, pourquoi une sauvegarde doit résister aux rançongiciels, pourquoi un plan de continuité se prépare à froid, et pourquoi il faut s'entraîner avant l'incendie. Cet article ne répète aucun de ces avertissements. C'est la liste que nous déroulons chez nos clients quand ils nous demandent un audit de sauvegarde. Sept points, dans l'ordre, dont le dernier est le seul qui prouve quelque chose.
Pourquoi maintenant, et pas en janvier
Deux raisons de lancer un audit de sauvegarde dès maintenant, et aucune n'est une histoire de peur.
La première est budgétaire. Un défaut détecté en octobre se corrige encore sur l'exercice en cours. Le même défaut détecté en février attend la validation du budget suivant, soit presque un an d'exposition pour un correctif qui prenait parfois une demi-journée.
La seconde tient au calendrier. Les semaines de fin d'année cumulent des effectifs réduits, des astreintes allégées et des clôtures comptables. C'est la période où un incident met le plus de temps à être remarqué, et où les données en jeu sont les plus sensibles.
Les six premiers points de l'audit de sauvegarde
Chacun se vérifie en quelques minutes, console en main. Pour chacun, nous indiquons ce que vous cherchez précisément.
Ce qui est réellement dans le périmètre
Écrivez d'abord, de mémoire, la liste de ce que vous croyez sauvegardé. Comparez-la ensuite à ce que la console couvre vraiment. L'écart se loge presque toujours aux mêmes endroits : un partage réseau ajouté après l'installation, les données d'une application métier, les postes de travail nomades, et les données hébergées chez un éditeur.
Ce que vous cherchez : un écart entre votre liste et celle de la console. S'il n'y en a aucun, vous n'avez pas cherché assez longtemps.
Les trois copies, deux supports, un hors site
La règle est connue. Ce qui l'est moins, c'est que la troisième branche, la copie hors site, est souvent la plus théorique : conçue à l'installation, jamais reprise depuis, parfois interrompue sans que personne ne l'ait décidé.
Ce que vous cherchez : la date de la dernière synchronisation hors site réussie. Pas la configuration, la date.
Une copie hors de portée
Un chiffrement malveillant ne s'arrête pas aux fichiers de production. Il cherche les sauvegardes, et il les trouve si elles sont accessibles avec les mêmes droits. Une copie protégée en écriture pendant sa durée de rétention, ou physiquement déconnectée, change entièrement l'issue d'un incident.
Ce que vous cherchez : la réponse à une seule question. Un compte administrateur du domaine peut-il supprimer les sauvegardes ? Si oui, ce ne sont pas des sauvegardes, ce sont des copies.
Qui entre dans la console
La console de sauvegarde mérite ses propres identifiants, distincts de l'annuaire de l'entreprise, et une authentification à plusieurs facteurs. C'est aussi l'endroit où l'on retrouve le plus souvent des comptes de personnes parties depuis des mois, ou de prestataires dont la mission est terminée.
Ce que vous cherchez : la liste nominative des comptes ayant accès, relue ligne par ligne. Chaque nom doit correspondre à quelqu'un qui travaille encore avec vous.
La perte acceptable, décidée par la direction
Une sauvegarde quotidienne signifie qu'un incident survenu à dix-sept heures peut coûter une journée entière de saisie. Ce n'est ni bien ni mal : c'est un arbitrage, et cet arbitrage n'appartient pas au service informatique.
Ce que vous cherchez : une phrase écrite du type « nous acceptons de perdre au maximum X heures de travail », validée par la direction, et la fréquence réelle des travaux en face.
Qui lit les rapports
Un travail de sauvegarde qui échoue sans que personne ne le remarque est plus dangereux qu'une absence de sauvegarde, parce qu'il entretient une certitude fausse. Le cas le plus sournois n'est pas l'échec : c'est le succès anormalement rapide, signe qu'une source a disparu du périmètre sans alerter.
Ce que vous cherchez : la date du dernier échec, le nom de la personne qui l'a traité, et la durée habituelle d'un travail complet pour repérer les écarts.
- Le travail s'est terminé sans erreur
- La console affiche un indicateur favorable
- L'espace de stockage est suffisant
- La planification est active
- Quelqu'un a restauré un élément cette année
- La durée de restauration est connue et chiffrée
- L'élément restauré a été ouvert et comparé
- La date, la durée et l'opérateur sont consignés
- Un service complet a été remonté, pas seulement un fichier
Une sauvegarde verte décrit l'état d'un logiciel. Une sauvegarde vérifiée décrit votre capacité à repartir.
Point 7 : le test de restauration
C'est le seul point de cet audit de sauvegarde qui produise une preuve plutôt qu'une présomption.
Les six points précédents vérifient une configuration. Celui-ci vérifie un résultat, et c'est une différence de nature. Une configuration correcte peut produire des sauvegardes illisibles pendant des mois sans qu'aucun voyant ne change de couleur.
Un test de restauration en quatre temps
☛Restaurer un fichier prouve que le support est lisible. Restaurer un service complet prouve que vous pouvez reprendre l'activité. Les deux tests sont nécessaires, et ils ne mesurent pas la même chose.
Le point à retenir
Si vous ne deviez vérifier qu'une chose cette année, cherchez la date du dernier test de restauration réussi. Si personne ne connaît cette date, les six autres points deviennent secondaires.
Les trois articles qui expliquent le pourquoi
Questions fréquentes
À quelle fréquence faut-il tester une restauration ?
Une remontée de service complet au moins une fois par an, et une restauration de fichier une fois par trimestre. Le test trimestriel vérifie que le support reste lisible, le test annuel vérifie que l'organisation sait s'en servir.
Les données hébergées en ligne sont-elles sauvegardées par l'éditeur ?
Les grands éditeurs de services en ligne assurent la disponibilité de leur infrastructure, pas la récupération de vos données après une suppression, une erreur de manipulation ou un compte compromis. Les corbeilles et les rétentions intégrées ont des durées limitées. C'est le point du périmètre le plus souvent découvert trop tard.
Qu'est-ce qu'une sauvegarde immuable ?
Une sauvegarde qui ne peut être ni modifiée ni supprimée avant la fin de sa durée de rétention, même par un compte disposant des droits les plus étendus. C'est la protection la plus efficace contre un chiffrement malveillant qui chercherait à détruire les copies avant de réclamer une rançon.
Combien de temps prend un audit de sauvegarde ?
Les six premiers points se vérifient en une demi-journée sur un parc de taille courante, console en main. Le septième, le test de restauration, demande une planification à part car il mobilise un environnement séparé et un utilisateur pour valider le résultat.
Quelle différence entre une sauvegarde et un plan de continuité ?
La sauvegarde conserve les données. Le plan de continuité organise la reprise : qui décide, dans quel ordre les services repartent, avec quels moyens de remplacement, et comment on informe les clients. Une sauvegarde parfaite sans plan de continuité laisse une organisation avec ses données et sans mode d'emploi.
Faire cet audit de sauvegarde avec vous
Nous déroulons les sept points sur votre parc, console en main, et nous vous remettons un relevé écrit : ce qui est couvert, ce qui ne l'est pas, et la durée réelle d'une restauration mesurée chez vous.
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